Esope est un fabuliste éthiopien. Actuellement, si vous cherchez la biographie d’Esope, vous trouverez « fabuliste grec ». Mais d’anciens auteurs comme Maxime Plutarque disent de lui qu’il est éthiopien, qu’il a la peau noire et les cheveux crépus. Un autre argument, plaidant pour l’origine africaine d’Esope, sont les animaux retrouvés dans ses fables : éléphant, lion, chameau et singe s’y côtoient allègrement – animaux que l’on trouve beaucoup plus difficilement en Grèce ….-L’historien Herodote dit qu’Esope serait un esclave éthiopien emmené en Grèce. Il aurait racheté sa liberté par ses bons mots…

Je vous propose de (re)découvrir 2 fables d’Esope, il est inutile de préciser qu’Esope a vécu dans les années 600 avant J.C (620 à 564 Av J.C.) soit plus de 2000 ans avant La Fontaine.

LE LOUP ET L’AGNEAU

« Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C’est pourquoi, bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire. L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant en aval, il ne pouvait troubler l’eau en amont. Le loup ayant manqué son effet, repris : « Mais l’an passé tu as insulté mon père. – Je n’étais pas même né à cette époque » répondit l’agneau. Alors le loup reprit : « Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t’en mangerai pas moins. »

Cette fable montre qu’auprès des gens décidés à faire le mal, la plus juste défense reste sans effet. »

LE LOUP ET LE HERON

« Un loup, ayant avalé un os, allait partout cherchant qui le débarrasserait de son mal. Il rencontra un héron, et lui demanda moyennant salaire d’enlever l’os. Alors le héron descendit sa tête dans le gosier du loup, retira l’os, puis réclama le salaire convenu. « Hé ! l’ami, répondit le loup, ne te suffit-il pas d’avoir retiré ta tête saine et sauve de la gueule du loup, et te faut-il encore un salaire ? ».

Cette fable montre que le plus grand service qu’on puisse attendre de la reconnaissance des méchants, c’est qu’à l’ingratitude ils n’ajoutent pas l’injustice. »

LE SINGE ET LE CHAMEAU

« Dans une assemblée des bêtes un singe se leva et dansa. Il fut fort apprécié et applaudi de toute l’assistance. Un chameau envieux voulut gagner les mêmes éloges. Il se leva et essaya lui aussi de danser ; mais il fit mainte extravagance, et les animaux indignés le mirent dehors à coups de bâton.

Cette fable convient à ceux qui par envie rivalisent avec de meilleurs qu’eux. »

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