Rohlilahla Mandela est né le 18 juillet 1918 en Afrique du Sud dans la province du Transkei. Son père chef de la tribu des Thembu (sous-groupe de l’ethnie Xhosa), l’éduque dans le respect des valeurs de son peuple. Le décès de ce dernier en 1927, oblige sa mère à le confier au régent du peuple Thembu, qui devient son tuteur. Il entre à l’âge de 7 ans dans une école méthodiste et son professeur lui donne un prénom anglais, Nelson, comme c’était l’usage pour tous les petits noirs sud-africains étudiant dans les écoles anglaises. C’est un élève brillant qui intègre sans difficulté la prestigieuse université de Fare Hare, destinée à former les cadres dirigeants d’Afrique du Sud. Il se rend là bien compte du système inique régnant en Afrique du Sud et écrasant son peuple. Il entre en conflit avec l’administration blanche et est exclu de l’Université. Il devient stagiaire dans un bureau d’avocat tout en poursuivant ses études jusqu’à l’obtention de sa licence de droit en 1942. A cette même période il fait la connaissance de membres de l’African National Congress (ANC), parti créé en 1912 et pour lutter contre l’apartheid. Il rejoint rapidement le mouvement. Avec Olivier Tambo il crée la Youth League à l’ANC l’année suivante et monte le premier cabinet d’avocats noirs d’Afrique du Sud.

Avec l’arrivée au pouvoir en 1948 du Parti National Afrikaner, l’apartheid s’intensifie et devient officiel. L’ANC poursuit ses actions non violentes, par des campagnes de désobéissances civiles, des manifestations, des prises de paroles, des grèves.… La répression du gouvernement contre Nelson Mandela et les membres de l’ANC consiste alors principalement à bloquer leurs activités au sein de l’organisation en les assignant à résidence (interdiction de quitter une ville ou un quartier) et en les interdisant de réunions. Tout contrevenant était mis systématiquement en prison. En 1952, Mandela, qui est l’avocat des noirs confrontés aux injustices diverses et variées, est condamné à 9 mois de travaux forcés, sentence qui ne sera pas exécutée. En 1956 commence un long procès pour lui et 150 de ses compagnons pour haute trahison. Ce procès va durer 5 ans et s’achèvera en 1961 par un acquittement général.

Sa lutte prend un véritable tournant en 1960, avec le massacre de Sharpeville. A l’appel du Pan African Congress (PAC) (organisation concurrente à l’ANC), les Sud-Africains sont appelés à manifester pacifiquement le 21 mars 1960 contre le « Pass Law Act »( loi obligeant les noirs à avoir des documents d’identité en permanence sur eux, pour permettre au gouvernement de limiter et de surveiller constamment leurs mouvements). La manifestation non violente de Sharpeville tourne au massacre : la police tire sur une foule désarmée, et tue 69 noirs (chiffres officiels) et en blesse 400. Des émeutes éclatent dans le sud du pays, la communauté internationale s’indigne et l’ANC et le PAC sont interdits par le gouvernement sud-africain. A la suite de cet évènement, Nelson Mandela, persuadé qu’il faut changer de tactique, abandonne la non-violence avec l’accord de l’ANC et crée un mouvement armé clandestin baptisé “Umkhonto we Sizwe“, « La lance de la Nation », « parce qu’avec cette simple arme les Africains avaient résisté au Blancs pendant des siècles ». Il entre dans la clandestinité et essaie d’organiser la résistance armée. Il part pour un périple en Afrique en commençant par l’Ethiopie, puis l’Egypte, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Sierra Léone, le Libéria, le Ghana… où il rencontre différents chefs d’état et récolte des fonds pour la lutte armée.

A son retour (août 1962), il est cueilli par la police, incarcéré pendant 2 ans et condamné le 12 juin 1964 à la prison à vie pour trahison, avec d’autres leaders de l’ANC . Il restera 27 années en prison dont 18 à Robben Island (connu pour ses conditions difficiles de détention). En 1988, des conditions plus douces se dessinent et il est transféré dans une résidence surveillée. Parallèlement, son emprisonnement décuple sa popularité sur place et à l’étranger. La violence politique ainsi que les sanctions internationales se multiplient contre l’Afrique du Sud en raison des violences et massacres qui sont perpétrés dans le pays par l’état.

Le 11 février 1990, Frédérick de Klerck alors président d’Afrique du Sud, libère Nelson Mandela. Le 27 avril 1994 les premières élections nationales non raciales ont lieu en Afrique du Sud et portent Nelson Mandela à la tête du pays. Il bâtit sa « nation arc-en-ciel » en gouvernant avec l’ANC, le Parti National Afrikaner et le parti zoulou « Inkhata ». Pour toutes les exactions commises par les blancs pendant les années d’apartheid (assassinats, enlèvements, disparitions, emprisonnements arbitraires, viols…), personne ne sera puni, aucune poursuite judiciaire ne sera initiée contre les blancs coupables au nom de la Réconciliation nationale. La question qui reste posée : peut-il y avoir Réconciliation sans Justice ?

Nelson Mandela obtient le prix Nobel de la paix en 1993 avec Frédérick De Klerk et quitte la présidence du pays en 1999. Il cède la place à Thabo Mbéki (ANC) qui occupait déjà le poste vice-président de la République sud-africaine.

Nelson Mandela est devenu une icône de la lutte contre les inégalités raciales et de la paix dans le monde et.

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