Avec la disparition d’Aimé Césaire le 17 avril 2008, s’en allait aussi le dernier fondateur vivant du mouvement de la négritude.

Fondateur de la négritude

Le mot « négritude » est apparu pour la première fois sous la plume d’Aimé Césaire dans une revue « l’Etudiant Noir » qui avait été créé à Paris dans les années 1930 par des étudiants africains et antillo-guyanais (Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et Léon Gontran Damas entre autres). Ce concept visait surtout à redonner sa fierté au nègre au travers de son histoire et de sa civilisation tout en rejetant le colonialisme et la domination occidentale. Les nombreuses rencontres avec des membres de la Harlem Renaissance exilés en France pour fuir la ségrégation et le racisme ( Richard Wright, Langston Hughes…) ont permis aux fondateurs du mouvement d’affiner leur perception et de militer pour une négritude universelle s’adressant aux noirs du monde entier.

L’enfance, les études d’Aimé Césaire

Aimé Césaire nait le 26 juin 1913 dans une famille composée de six frères et sœurs (père fonctionnaire et mère couturière), où l’on accordait beaucoup d’importance aux études. Elève brillant, il rejoint le prestigieux lycée Louis le Grand à Paris en 1931 avec une bourse de l’état français. Là, son premier contact avec l’Afrique en la personne de Léopold Sédar Senghor, lui fait prendre conscience de la part refoulée de son identité, la composante africaine : il ne sera plus jamais le même. Après ses articles dans « l’Etudiant Noir », un retour à la Martinique en vacances en 1936 le pousse à l’écriture de « Cahier d’un retour au pays natal » qui sera publié en 1939 et qui inaugurera le début d’une longue et riche carrière littéraire.

Le retour au pays natal

1939 sera aussi l’année de son retour à la Martinique avec son épouse Suzanne Roussi, une martiniquaise dont il aura six enfants. Ils enseignent tous deux au Lycée Schœlcher et fondent une revue « Tropiques » dans laquelle le concept de la négritude sera vulgarisé, l’héritage africain des Martiniquais ainsi que le sujet tabou de la Traite des Noirs y seront développés.

Les années politiques

A la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, il devient le maire de la ville de Fort de France sous l’étiquette communiste et l’année suivante il est élu député de son île. Sous son impulsion, la Martinique accède au statut de département français en 1946. Cette prise de position est, en y regardant bien, en totale opposition avec les idées de la Négritude défendue par Césaire. S’expliquant sur le sujet, Césaire dira avoir suivi la volonté de son peuple, et avoir voulu par ce biais assurer aux Martiniquais une égalité avec les français de France.

Présence africaine

En 1947, la revue « Présence africaine » voit le jour et débouche deux ans plus tard sur une maison d’Edition du même nom, sous la direction d’Alioune Diop et de collaborateurs engagés comme bien sûr Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, mais aussi les guadeloupéens Guy Tirolien et Paul Niger entre autres.

Le discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire

En 1950, dans « Discours sur le colonialisme » qui fait grand bruit, Césaire dénonce les méfaits de la civilisation occidentale et du colonialisme qu’il compare d’ailleurs au nazisme. Il publiera au total une quinzaine d’œuvres (poésie, pièces de théâtre, essais).

Césaire conservera une activité politique continue, et sa stature est telle qu’il sera député de la Martinique pendant 47 ans (de 1946 à 1993), et maire de Fort-de-France pendant 56 ans (de 1945 à 2001).

Le 17 avril 2008, Aimé Fernand Césaire tire sa révérence et va rejoindre les grands hommes au Panthéon de l’Histoire.

MJTP

Bibliographie :

Essais:

Discours sur le colonialisme. Paris: Présence Africaine, 1955.

Toussaint Louverture; La Révolution française et le problème colonial. Paris: Présence Africaine, 1961/62.

Poésie:

Cahier d’un retour au pays natal. Paris: Présence Africaine, 1939, 1960.

Soleil Cou Coupé. Paris: Éd. K, 1948.

Corps perdu. (gravures de Pablo Picasso) Paris: Éditions Fragrance, 1950.

Ferrements. Paris: Seuil, 1960, 1991.

Cadastre. Paris: Seuil, 1961.

Les Armes miraculeuses. Paris: Gallimard, 1970.

Moi Laminaire. Paris: Seuil, 1982.

La Poésie. Paris: Seuil, 1994.

Théâtre:

Et les Chiens se taisaient, tragédie: arrangement théâtral. Paris: Présence Africaine, 1958, 1997.

La Tragédie du roi Christophe. Paris: Présence Africaine, 1963, 1993.

Une Tempête, d’après La tempête de Shakespeare: adaptation pour un théâtre nègre. Paris: Seuil, 1969, 1997.

Une Saison au Congo. Paris: Seuil, 1966, 2001.

 

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